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Art

La Fiac : à la reconquête de l’art contemporain

La Foire internationale d’art contemporain poursuit sa reconquête de l’art contemporain avec une édition qui promet de belles surprises.

La Fiac a longtemps ramé avant de devenir une foire d’art contemporain en phase avec la tendance. Au début des années 2000, du temps où elle se tenait à la Porte de Versailles, son secteur art moderne paraissait pléthorique face à celui de la création contemporaine. Elle faisait alors figure de vitrine vieillissante et provinciale en face de la toute jeune Frieze Art Fair de Londres, trendy et inventive, et se laissait dépasser par la foire de Madrid ou celle de Berlin, pourtant pas au top. Les grosses galeries internationales, où pointent les artistes stars, toutes générations confondues, rayaient l’étape parisienne de leur agenda. L’installation mochissime, l’éclairage autoritaire, les stands mal foutus, les tables rondes soporifiques, tout contribuait au foirage de la Fiac. Or, depuis son retour au Grand Palais il y a trois ans, depuis aussi la nomination d’une nouvelle direction artistique, pas de doute, la Fiac renoue avec la qualité et devient fréquentable. Et pas uniquement par la présence de quelques « mastodontes », à commencer par les galeries new-yorkaises Paula Cooper, David Zwirner ou 303, berlinoises Arndt & Partner ou Carlier Gebauer, ou londoniennes Sadie Coles HQ et White Cube. Mais aussi parce que la Fiac veille à ménager une bonne place aux jeunes galeries émergentes qui accompagnent les jeunes artistes et constituent presque un réseau parallèle en Europe et aux États-Unis. Ainsi à Paris la galerie Jocelyn Wolff est très bien connectée à la galerie Isabelle Bortolozzi de Berlin, elle-même très en phase avec la galerie napolitaine T293. Cela ne signifie pas tant qu’elles ont en commun quelques artistes, mais plutôt qu’elles partagent les mêmes orientations esthétiques, accélèrent la circulation et la diffusion d’un certain paysage, en l’occurrence conceptuel. Et tout ce petit monde se retrouve très logiquement niché ensemble, à la cour Carrée du Louvre. Mais cette année, plus excitant : le projet artistique organisé parallèlement à la Foire, avec un programme de performances très théâtrales et musicales. « Comme l’an dernier, expliquent le commissaire général et la directrice artistique Martin Bethenod et Jennifer Flay, où nous avions proposé un cycle de conférences sur les collections de vidéos, nous avons voulu rendre compte d’un format qui échappe au marché. » Le Britannique Jeremy Deller fait ainsi jouer un morceau d’acid-house à un brass-band au pied de la Pyramide tandis que dans l’auditorium du Louvre, le chorégraphe Jérôme Bel adapte Le Dernier Spectacle, une pièce conférence de 1998, dans le champ théorique de l’art contemporain. Un tel programme permet même à Martin Bethenod d’envisager la Fiac, « non pas seulement comme un lieu de ventes, mais aussi comme un lieu d’échange et d’information ». Presque un lieu de création.

Du 23 au 26 octobre 2008, au Grand Palais, à la cour Carrée du Louvre et dans les Jardins des Tuileries.
www.fiac.com

Publié le 27 avril 2009 par pews

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