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LA SCIENCE-FICTION ET SES ORGANISMES MUTANTS HANTENT LES SALLES D’EXPOSITIONS COMME UN VAISSEAU FANTÔME PEUPLÉ DE CORPS EXTATIQUES.
Quand l’art capte des images de corps se livrant à l’ivresse de la danse, s’abandonnant à des pulsions extatiques. Pour réaliser sa merveilleuse vidéo The Buzzclub, Liverpool, UK/Mysteryworld, Zaadam, la Néerlandaise Rineke Djikstra a pris à part – entre toilettes et vestiaires – de jeunes clubbers qui s’oublient peu à peu devant la caméra et se remettent à danser au rythme des pulsations de basse de la musique techno. Lumière crue, plan frontal, les images sont sèches, et la gêne des adolescents palpable. Il faut prendre sur soi pour danser seul, dans ses habits du samedi soir, prendre la caméra de haut, s’oublier. Ce que faisaient sans rien calculer les patients du docteur Charcot, spécialiste à la Salpêtrière des crises d’hystérie. Projetés par Douglas Gordon sur deux grands écrans posés dans l’espace, un film montre ainsi, au ralenti, des corps secoués de convulsions, traversés par ce mal spectaculaire. Au-delà de la représentation des corps dans un état second, cette exposition “Transes” au château de Rochechouart garde en tête cette question, formulée par Jean-Louis Scheffer : « Pourquoi les images mobiles de corps mobiles ont-elles succédé aux statues ? » La vidéo, fille de la sculpture ? Mais en art, il faut se méfier des lignes droites. Et l’exposition “Fabricateurs d’espace” à Villeurbanne montre comment la science-fiction au cinéma influence les artistes, et les conduit à modifier leur appréhension de l’espace. Au double sens du terme : à la fois l’espace d’exposition, et celui intersidéral, peuplé d’énigmes et de fantasmes voyageurs. À l’image des installations vaguement en forme de carlingue de vaisseau spatial façonnées par l’Allemand Bjorn Dahlem à l’aide de matériaux bon marché. À l’image encore de ces cubes disposés en grappe par Vincent Lamouroux et qui semblent proliférer et envahir les lieux, comme une matrice de formes géométriques. Enfin, grand lecteur des romans schizophrènes de Philip K. Dick, fan de Godzilla et de toute la S.-F. apocalyptique, Nicolas livre sa nouvelle exposition à la galerie Chez Valentin. Une installation néo-constructiviste qui en passe par le crash du zeppelin “Hindenburg” et par un monceau de squelettes d’ordinateurs pour dérouler en pointillés une fiction russe.
FABRICATEURS D’ESPACES, À L’INSTITUT D’ART CONTEMPORAIN DE VILLEURBANNE,
WWW.I-ART-C.ORG/, JUSQU’AU 4 JANVIER 2009.
GOLDBARRGOROD, DE NICOLAS MOULIN, À LA GALERIE CHEZ VALENTIN, PARIS IIIE,
WWW.GALERIECHEZVALENTIN.COM/, JUSQU’AU 15 NOVEMBRE.
TRANSES, AU MUSÉE DÉPARTEMENTAL DE ROCHECHOUART, À ROCHECHOUART (87),
WWW.MUSEE-ROCHECHOUART.COM/, JUSQU’AU 15 DÉCEMBRE.
Publié le 27 avril 2009 par pews
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