On accueille Yarmila, shootée par notre fidèle Antoine Verglas. Merci à eux, et bienvenue à cette nouvelle playmate du jour. Découvrez ses photos et son interview : 

Playboy France : peux-tu nous dire qui tu es ?

Je suis née en Moldavie, d’une mère tchèque et d’un père ukrainien — mes racines sont donc déjà un mélange de cultures et d’histoires. Mais j’ai voyagé dans plus de quarante pays, et mon rêve est de découvrir autant de coins du monde que la vie me le permettra. Je me sens comme un enfant de la Terre : j’aime profondément les animaux, j’honore la nature, et je me reconnais dans cette nouvelle génération qui choisit la compassion, y compris à travers une vie sans viande.
Depuis l’enfance, j’étais attirée par la pose, par l’image, par le langage silencieux de la caméra. Je collectionnais les magazines, j’observais les modèles, j’imitais leurs postures — comme si je savais déjà que le corps pouvait être un poème. Mais dans ma famille, le mannequinat était interdit. Ma mère ne voulait pas en entendre parler, alors ce désir a vécu en moi comme un secret lumineux, enfoui sous la peau.
J’ai commencé tard — à 23 ans — lorsqu’un scout de New York m’a arrêtée en pleine rue à Kyiv. J’ai eu l’impression que le destin me tapait simplement sur l’épaule pour me dire : « Maintenant. »
Mon côté artistique vient de mes parents : mon père était chef d’orchestre, ma mère cheffe cuisinière — j’ai grandi dans un monde où l’émotion et la création faisaient partie du quotidien. Enfant et jeune femme, j’ai étudié le ballet, l’athlétisme, la danse contemporaine, le burlesque ; j’ai pris des cours de chant et je continue à développer mes compétences en jeu d’acteur. Le mouvement, l’expression, la performance — ce sont mes éléments naturels.
J’aime la nature, la spiritualité, la mythologie, l’ésotérisme — l’architecture cachée derrière la vie visible. Je lis sans cesse, je médite, je voyage, j’apprends. Pour moi, la beauté n’est pas seulement ce qu’on voit : c’est ce que l’on comprend et ce que l’on ressent.

Comment es-tu entrée dans le mannequinat, et surtout dans l’imagerie sensuelle ?

Tout a commencé non pas avec une ambition, mais avec un moment précis. Le mannequinat a toujours été une attraction silencieuse pour moi, mais pendant des années ce désir est resté secret, jamais exprimé. Lorsque le scout m’a abordée à Kyiv, c’était comme si l’univers ouvrait enfin une porte devant laquelle j’avais toujours attendu. J’ai traversé le seuil, et tout a suivi naturellement.
L’imagerie sensuelle, elle, est venue spontanément. Pour moi, il ne s’agit pas de montrer le corps, mais de montrer une présence, une émotion, l’intensité silencieuse d’un instant.
La sensualité, c’est la confiance, la douceur, et la conscience de soi. Quand tout cela s’aligne, la caméra ne capture pas seulement une image — elle capture un sentiment.

Que ressens-tu à propos de la sexualité et de ton propre corps ?

Pour moi, la sexualité est sacrée — une force vitale, naturelle, qui n’a rien à voir avec la honte.
Mon corps n’est pas un objet à juger : c’est un réceptacle d’expériences, de mémoire, d’intuition et d’émotion. Je le traite avec respect, curiosité et douceur.

Quand je suis face à la caméra, je ne « joue » pas. Je me laisse simplement être.

Pour moi, la sensualité n’est pas bruyante. C’est la confiance silencieuse de quelqu’un qui se connaît — sa profondeur, sa tendresse, son feu.
C’est l’art d’habiter pleinement sa propre peau.

Pourquoi as-tu voulu rejoindre la famille Playboy ?

Rejoindre Playboy, c’est affirmer que la sensualité n’est pas quelque chose à cacher ou à diminuer.
C’est quelque chose que l’on possède — avec grâce, confiance et conscience.
C’est un espace où sensualité et intelligence coexistent, où une femme peut être à la fois douce et puissante, mystérieuse et directe, désirée et souveraine.

Quelles sont tes inspirations dans l’art et dans la vie ?

En art, j’admire Tamara de Lempicka pour sa féminité sculpturale et audacieuse, Helmut Newton pour sa manière de capturer la puissance dans la sensualité, et Ellen von Unwerth pour son érotisme libre et espiègle.
Dans la vie, Angelina Jolie m’inspire par son équilibre entre beauté, force et compassion ; Gisele Bündchen, par son lien avec la nature et sa voix pour la planète.
En mode, je me sens proche de Coco Chanel et Yves Saint Laurent : tous deux ont compris qu’élégance et rébellion pouvaient être la même chose.
Spirituellement, je reviens souvent à Carl Jung pour la profondeur du monde intérieur, et à Rumi pour son idée que l’amour est une forme de sagesse.
En musique, je suis attirée par Portishead — cette atmosphère douce et hantée qui ressemble à un murmure de l’âme.

Comment s’est passée ta collaboration avec Antoine ?

Travailler avec Antoine a été quelque chose de très naturel — presque comme une conversation sans mots. Il possède une sensibilité émotionnelle rare, qui lui permet de saisir non seulement l’apparence d’un moment, mais son ressenti.
Il y avait de la confiance, et grâce à cela, j’ai pu être ouverte, sans défense, présente… de cette façon où l’appareil photo cesse d’être un objectif et devient un miroir.

Quels sont tes rêves aujourd’hui ?

Je rêve de continuer à vivre comme une voyageuse — pas seulement à travers les paysages, mais à travers les états de conscience.
D’explorer le sacré, l’invisible, le symbolique.
De travailler dans le cinéma, la photographie et la création d’une manière qui touche les sens et l’esprit.
Je rêve d’aimer profondément, de ressentir profondément, de rester éveillée à la magie de la vie.
Mon rêve, simplement, est de continuer à évoluer vers la version la plus honnête de moi-même.