19,50 €
Influencer, influencer, influencer… Tout le monde veut influencer. C’est étonnant quand on se retrouve témoin de notre vivant, en quelques années, entre l’enfance et l’âge adulte, du changement de sens d’un mot. Quand j’étais petit, l’influence d’un être se mesurait à son impact charnel, réel, non seulement dans la profondeur du cœur des gens mais aussi dans les rouages de la construction d’une société collective. On pensait aux grands sportifs, même discrets, sous leurs aspects politiques ; aux immenses stars de la chanson ; aux acteurs et autres intellectuels… Aujourd’hui, être une star est une chimère puisque c’est la quête finale, le fantasme et l’objectif commun, et influencer est devenu un terme qui n’explique plus le pouvoir ou la révolution qu’une personnalité, ou même une pensée, peut avoir sur le monde, mais qui délimite plutôt, toutes circonscrites à la pop culture, nouvelle religion polythéiste, les nouvelles modes ou bien les tendances du moment, et plus largement la capacité, pourtant souvent fantasmée, à faire vendre quelque chose. Kanye West, Elon Musk, Donald Trump, ou même, sur d’autres rives, Stromae, Hedi Slimane ou Rima Hassan, incarnent encore ces sillons qui sont creusés dans l’inconscient des sociétés ou des galaxies artistiques – quoi qu’on en pense, eux ils influencent. Pourtant, on n’y pense plus, et ceux qui les ont remplacés au point d’être appelés les « influenceurs », ce sont les princes d’Internet et des réseaux sociaux. La plateforme qui a tout écrasé depuis l’avènement de la toile, c’est évidemment YouTube. C’est pour cette raison que, sans mépris aucun, sans nostalgie, et même avec une certaine admiration, nous avons décidé de faire de Gaëlle Garcia Diaz notre cover girl. Gaëlle, avec une ou deux autres créatrices moins courageuses et fiables qu’elle, est la reine du YouTube français. Elle a bercé l’enfance et l’adolescence de beaucoup de jeunes filles devenues femmes avec elle ; elle les a maquillées, par sa marque à succès « Martine Cosmetics » ; elle a tout connu elle-même face à la caméra : les dramas, les histoires d’amour, les inventions de concepts, l’invention d’un personnage provocateur, la maturité, la création d’une famille, d’une marque, le changement d’image et la professionnalisation de son contenu… Après dix ans sur la plateforme, elle trône encore tout en haut de la pyramide. Pour ne rien gâcher – et le destin est expert en symbolisme –, Gaëlle a déjà été playmate… Eh oui, en 2011, elle avait fait la couverture d’une version néerlandaise. Expérience mitigée pour elle qui boucle la boucle avec nous en se réappropriant ce coup de force. Qui de mieux qu’elle pour s’exprimer sur tous les sujets qui nous intéressent ? Vous le découvrirez, le shooting qu’elle a su créer pour nous a été tellement exceptionnel, généreux, ambitieux – puisque réalisé sur plusieurs jours, avec plusieurs décors, costumes, maquillages, manucures, etc. – que nous avons décidé d’en faire quatre couvertures pour un numéro – une fois n’est pas coutume – déjà légendaire et collector.
En rupture de stock