Nouvelle dans la famille, et pas des moindres : Izabela ! C’est devant l’appareil d’Antoine Verglas que la belle a posé. Elle nous livre ce shooting exclusif ainsi qu’une interview pour la découvrir : 

Playboy France : Peux-tu nous dire qui tu es ? Si tu devais te présenter à un inconnu et lui permettre de vraiment te comprendre, que dirais-tu ?

Je viens d’une petite ville de Pologne, un endroit où les rêves restent souvent à l’état de rêves. Je suis partie pour l’Amérique à la fois pour fuir et pour me réinventer. Aujourd’hui, je vis à New York, une ville qui te pousse sans cesse à grandir, tout en te donnant paradoxalement l’impression que tu pourrais aussi ne jamais le faire. Pour le meilleur comme pour le pire. Je dirais que je suis résiliente, un peu sarcastique et profondément curieuse. J’aime peindre, j’ai grandi entre le tennis et le ski, et je pourrais parler des heures de cinéma, en particulier des films des années 90, une époque qui a façonné toute mon esthétique.

Comment es-tu entrée dans le mannequinat – et plus particulièrement dans l’imagerie sensuelle ou érotique ?

Le mannequinat ne faisait absolument pas partie du plan. J’étudiais la programmation en Californie, je vivais en sweat à capuche, rivée à mon ordinateur, persuadée que ma carrière serait strictement technique.
Mais l’univers a parfois une manière ironique de nous remettre sur une autre voie. En grandissant, j’ai eu un rapport compliqué à mon corps. J’étais très complexée. J’envisageais même une réduction mammaire, tant je me sentais mal à l’aise dans ma propre peau. Puis un jour, en vacances avec mon ex-compagnon, il a filmé une vidéo de moi, très simple, sur la plage. Une marque assez connue, légèrement controversée, m’a contactée. À l’époque, elle ne travaillait qu’avec une poignée de filles, peut-être une dizaine. Après le shooting test, j’en faisais partie.
Mes réseaux sociaux ont explosé du jour au lendemain. Les photographes et les marques se sont mis à me contacter, je tournais des clips, faisais des couvertures.
Mais surtout, quelque chose s’est déplacé en moi. Pour la première fois de ma vie, j’ai cessé de voir mon corps comme quelque chose à cacher. Le mannequinat ne m’a pas objectivée ; d’une certaine manière, il m’a libérée.

Quel est ton rapport à la sexualité et à ton propre corps ?

La sexualité est devenue aujourd’hui étrangement polémique. Entre le mouvement « red pill » et cette nouvelle vague de morale rigide sur les réseaux, les femmes sont constamment jugées et culpabilisées.
Je crois exactement l’inverse. La sexualité est une force, quelque chose de naturel. Je n’aurai ce corps qu’une seule fois dans ma vie. J’ai envie de capturer ce chapitre, pour que, plus tard, à 80 ans, en feuilletant des albums ou des magazines, je puisse me souvenir précisément de ce que cela faisait d’être jeune, sexy et forte.
En polonais, on dit płeć piękna, ce qui signifie littéralement « le beau sexe ». Parce que nous portons en nous la complexité, la douceur et la force, simultanément.

Pourquoi as-tu voulu rejoindre la famille Playboy ?

Playboy incarne quelque chose d’iconique et d’intemporel. Bien plus qu’un magazine, c’est une archive culturelle. De la sensualité alliée à l’élégance, de la beauté avec du caractère.
De nombreuses femmes que j’admire profondément font partie de l’histoire de Playboy. Marilyn Monroe, première couverture mythique, à la fois scrutée et inoubliable. Cindy Crawford, Pamela Anderson, Brooke Shields, Kate Moss — des femmes qui ont marqué des époques entières. Faire partie de cette lignée est presque irréel pour moi.

Quelles sont tes inspirations, dans l’art comme dans la vie ?

Angelina Jolie a toujours été une source d’inspiration. Elle incarne une forme de puissance, mais aussi une voix humanitaire. Elle a un jour déclaré : « Il n’existe pas d’idée plus puissante ou plus révolutionnaire que le principe selon lequel nous naissons tous égaux. »
À l’époque que nous traversons, beaucoup semblent l’oublier. Certains groupes ne sont plus considérés comme pleinement humains, l’empathie disparaît. Il faut rappeler que l’égalité n’est pas un slogan politique, mais un socle moral. Et ce socle est en train de se fissurer.
Une autre figure essentielle pour moi est Maria Skłodowska-Curie. En tant que femme polonaise, son histoire me touche particulièrement. Refusée à l’université dans son propre pays, elle est devenue double lauréate du prix Nobel — la seule personne de l’histoire à l’avoir reçu dans deux disciplines scientifiques différentes.
Elle a fondé tout le champ de la radioactivité et révolutionné la médecine. La radiothérapie est encore utilisée aujourd’hui pour traiter le cancer grâce à ses découvertes.
Et puis il y a l’humour. Quand le monde devient trop lourd, je regarde Ricky Gervais, Jonah Hill, Seth Rogen ou James Franco. L’humour est un outil de survie, parfois le seul qui fonctionne.

 

Comment s’est passée la séance avec Antoine Verglas ?

Antoine est extraordinaire. En entrant dans son studio new-yorkais, j’ai vu ses portraits d’Angelina Jolie accrochés aux murs — ma curiosité a été immédiatement piquée. J’aime profondément sa manière de capturer la sensualité.
Nous travaillons ensemble depuis des années, et il a cette capacité rare de faire émerger la version la plus authentique de vous-même. Les photos qu’il a prises de moi, notamment après le travail subtil et magistral d’Anastassiia Antoniuk à la retouche, me semblent intemporelles. Ce sont des images que l’on encadre, que l’on accroche, que l’on garde pour toujours, dans une maison à venir.

Quels sont tes rêves aujourd’hui ? Quelle direction souhaites-tu donner à ta vie ?

Je travaille actuellement sur ma marque de mobilier, ZEIA, fabriquée en Europe. Quand j’ai quitté la Pologne, je n’avais rien d’autre qu’une valise. La chambre que je louais était vide, je n’avais pas les moyens d’acheter des meubles et je dormais sur un simple matelas. Après qu’un ami m’a fait remarquer la manière dont je vivais, j’ai eu trop honte pour inviter qui que ce soit chez moi. Mais ce qui était une insécurité est devenu une passion.
J’ai commencé à imaginer, dans ma tête, la maison idéale. C’est ainsi que tout a commencé. L’espace intérieur est une extension de notre identité, il raconte une histoire. Je me suis rendu compte que le marché était saturé de meubles produits en masse, de mauvaise qualité. J’ai passé des mois à expérimenter les matériaux et les formes. Pour moi, la maison est un sanctuaire pour l’âme. ZEIA se veut haut de gamme mais fonctionnelle, un luxe pratique, pensé aussi bien pour l’intérieur que pour l’extérieur.
Un autre sujet me tient particulièrement à cœur : les maisons de retraite. Lorsque mon grand-père est tombé malade, j’ai vu de près à quel point ces lieux peuvent être dépassés et impersonnels. Le soin aux personnes âgées mérite de l’innovation et du respect, pas simplement des structures qui existent par défaut. Il faut inventer des systèmes qui améliorent réellement la vie des plus vulnérables.
J’aimerais que mon avenir mêle création, entrepreneuriat et humanité.